Certaines réalisations marquent plus que d’autres, c’est une certitude. Et ce meuble de vasque en chêne et noyer massif est de ceux-là.
Cahier des charges
En tant qu’artisan, le cahier des charges est très prosaïquement donné par le client. C’est lui qui dicte ce qu’il faut faire. Et mon travail consiste à traduire cette envie à l’aide du matériau que j’emploie. c’est à dire qu’il me revient de trouver les solutions techniques pour que la réalisation puisse naître. Ni plus, ni moins.
Dans le cas de ce projet, la cliente a eu un gros coup de cœur, il y a quelques années déjà, pour cette vasque conique en granit massif. Son souhait était de l’habiller avec un meuble en noyer massif. Mais pas n’importe quel noyer massif puisqu’il s’agissait de planche que son compagnon avait réussi à débiter d’un arbre abattu il y a de nombreuses années.
La suite du meuble restait à écrire.
La fonction et la forme
La phase préliminaire de conception est intéressante à plus d’un titre. En effet, c’est là que tout se joue puisque la réalisation en soi n’est que la mise en musique.
D’un point de vue strictement personnelle, je travaille de façon très sommaire. Exit les plans 2D ou les modélisations 3D. Le travail dans cette phase consiste à faire un dessin, réaliser une esquisse. Ceci afin de vérifier que les lignes du meuble seront harmonieuses. C’est justement là que réside la forme.
Le matériau mis en œuvre va également imposer des contraintes. En effet, les assemblages devront être suffisamment solides pour tenir la charge, l’épaisseur du plateau devra être suffisante pour ne pas ployer. D’autre part, il se peut qu’il y ait des contraintes liées aux ouvrants, aux tiroirs éventuels ou aux charnières. C’est bien là que se trouve la fonction.
Et c’est justement cet équilibre subtil entre la forme et la fonction qu’il faut résoudre. C’est dans la résolution de ces injonctions parfois contradictoires que chaque artisan proposera une solution qui lui est propre. Là réside sa valeur ajoutée.
Un meuble technique - Partie 1
On ne va pas se cacher derrière notre petit doigt: ce meuble de vasque en chêne et noyer massif est à ce jour le meuble le plus difficile que j’ai eu à réaliser. Tout simplement parce qu’il s’agit d’un joli concentré de techniques et de difficultés qui se sont posées tout au long de la réalisation. Mais le résultat est finalement bel et bien là.
Voici donc en quelques lignes les difficultés posées par ce meuble si particulier:
Tout d’abord, le raccord du plateaux principal au montant à droite du meuble. Il s’agit d’un assemblage à queues d’aronde à renvoi d’onglet. On a même poussé le vice à laisser vif le bord de la planche (la flache) et assurer sa continuité au niveau du renvoi d’onglet!
Ensuite, les bois de bout en contact avec le mur sont parfaitement ajustés aux joints du mur en brique.
Un assemblage à triple tenon-mortaise traversant lien chaque étagère au montant à droite du meuble. Des languettes dans une essence plus sombre soulignent très favorablement l’assemblage.
D’autre part, chaque étagère est ajustée très précisément au cône de la vasque. C’est à dire que le diamètre des faces supérieures et inférieures ne sont pas les mêmes et que le chant de la coupe coïncide parfaitement à l’angle du cône.
Un meuble technique - Partie 2
Ajouté à cela, les trois plans horizontaux que traverse la vasque sont parfaitement alignés d’aplomb. Par conséquent il a fallu positionner sur un même axe vertical les centres des 6 cercles qui définissent les coupes à réaliser sur le plateau et les deux étagères.
Enfin le panneau à gauche de la vasque devait d’une part être démontable afin de permettre l’accès à la plomberie. D’autre part, l’axe du cône de la vasque n’est pas dans le plan du panneau. En effet, il est positionné dans un plan situé en avant et la découpe du panneaux, loin d’être une droite prend la forme d’une conique (petit clin d’oeil aux plus matheux d’entre vous!).
Pour finir, la vasque présente un coefficient de dilatation hygroscopique nul. Le coefficient hygroscopique du bois est quant à lui loin d’être négligeable. Il a fallu prendre en compte cette différence dans les choix de conception du meuble afin de mettre toutes les chances de notre côté et éviter que des fissures n’apparaissent.
La réalisation du meuble de vasque en chêne et noyer massif
Voici au travers de quelques images les étapes de la réalisation du meuble.
Un meuble construit pour durer
Le meuble a pris place dans la salle de bain à laquelle il était destiné. Et il a été conçu pour qu’il y reste de nombreuses années!
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Meuble de vasque en chêne et noyer massif
Certaines réalisations marquent plus que d’autres, c’est une certitude. Et ce meuble de vasque en chêne et noyer massif est de ceux-là.
Cahier des charges
En tant qu’artisan, le cahier des charges est très prosaïquement donné par le client. C’est lui qui dicte ce qu’il faut faire. Et mon travail consiste à traduire cette envie à l’aide du matériau que j’emploie. c’est à dire qu’il me revient de trouver les solutions techniques pour que la réalisation puisse naître. Ni plus, ni moins.
Dans le cas de ce projet, la cliente a eu un gros coup de cœur, il y a quelques années déjà, pour cette vasque conique en granit massif. Son souhait était de l’habiller avec un meuble en noyer massif. Mais pas n’importe quel noyer massif puisqu’il s’agissait de planche que son compagnon avait réussi à débiter d’un arbre abattu il y a de nombreuses années.
La suite du meuble restait à écrire.
La fonction et la forme
La phase préliminaire de conception est intéressante à plus d’un titre. En effet, c’est là que tout se joue puisque la réalisation en soi n’est que la mise en musique.
D’un point de vue strictement personnelle, je travaille de façon très sommaire. Exit les plans 2D ou les modélisations 3D. Le travail dans cette phase consiste à faire un dessin, réaliser une esquisse. Ceci afin de vérifier que les lignes du meuble seront harmonieuses.
C’est justement là que réside la forme.
Le matériau mis en œuvre va également imposer des contraintes. En effet, les assemblages devront être suffisamment solides pour tenir la charge, l’épaisseur du plateau devra être suffisante pour ne pas ployer. D’autre part, il se peut qu’il y ait des contraintes liées aux ouvrants, aux tiroirs éventuels ou aux charnières.
C’est bien là que se trouve la fonction.
Et c’est justement cet équilibre subtil entre la forme et la fonction qu’il faut résoudre. C’est dans la résolution de ces injonctions parfois contradictoires que chaque artisan proposera une solution qui lui est propre. Là réside sa valeur ajoutée.
Un meuble technique - Partie 1
On ne va pas se cacher derrière notre petit doigt: ce meuble de vasque en chêne et noyer massif est à ce jour le meuble le plus difficile que j’ai eu à réaliser. Tout simplement parce qu’il s’agit d’un joli concentré de techniques et de difficultés qui se sont posées tout au long de la réalisation. Mais le résultat est finalement bel et bien là.
Voici donc en quelques lignes les difficultés posées par ce meuble si particulier:
Un meuble technique - Partie 2
La réalisation du meuble de vasque en chêne et noyer massif
Voici au travers de quelques images les étapes de la réalisation du meuble.
Un meuble construit pour durer
Le meuble a pris place dans la salle de bain à laquelle il était destiné. Et il a été conçu pour qu’il y reste de nombreuses années!